Face au phénix à Songzhuang, “banlieue des arts” de Beijing…

22 décembre 2008

Ouvrier phenixQuand le phénix se trouve devant vos yeux, vous pouvez voir son corps gigantesque tandis que je préfère plutôt ses détails qui pénètrent dans le corps, ces outils et ces rebuts de chantier. Derrière lui : des travailleurs sur le chantier.
Sur quoi se focaliser ? C’est une question d’attitude, je ne peux choisir que ces ouvriers, ces ouvriers qui travaillent, j’aime les écouter parler de leur pays natal lointain, de leur travail manuel, j’aime les regarder gravir le phénix, je sais que cela constitue un contact avec cette oeuvre que les autres sont incapables de voir.

Est-ce cela que veut montrer Xu Bing ? Je pense que oui, peut-être.
Filmer inlassablement les détails, filmer inlassablement les ouvriers jusqu’à ce que le dernier rayon de lumière tombe du ciel, jusqu’à ce que le dernier plan soit pris d’un ouvrier quittant le phénix et se perdant dans la nuit.
La caméra tourne toujours, il ne reste que le phénix.

Phénix

Skype, premiers réglages

5 décembre 2008

Ah oui, vraiment nous ne pourrons renier la grande utilité de Skype, nouvel ami de nos ordinateurs et de ce tournage qui démarre. Après une première réunion de présentation officielle de Sheng Zhimin, co-réalisateur de ce film documentaire, à toute l’équipe d’Artline Films, se sont ensuite enchaînés les échanges plus techniques sur les séquences que tournerait l’équipe pékinoise en décembre. Skype donc. Le tournage de « Tigres & pandas » commence de façon bien virtuelle, à travers les câbles de nos casques et nos voix chevrotantes. Mais ça marche.

J’ai rencontré Sheng Zhimin en octobre 2008 lors d’un premier séjour de repérages pour ce film documentaire produit par Artline Films pour ARTE. L’idée de plonger dans les arcanes de la création contemporaine et de partir rencontrer artistes et autres protagonistes de l’art contemporain chinois ne m’est pas nouvelle. Je la partage aujourd’hui avec mon binôme chinois, architecte de formation, rompu aux soirées rock des musicos chinois, producteur exécutif de cinéastes indépendants, réalisateur. Il vient de finir une épopée documentaire sur le yaogun (rock) en Chine. Tout ça dans le désordre, comme moi, auteur de ce documentaire, ancienne liuxuesheng (étudiante étrangère) dans les années 90 à Beijing, devenue journaliste après un passage dans l’art contemporain hexagonal.
De l’eau a coulé sous les ponts. Et même pas mal de béton depuis ces années 90 qui ne connaissaient pas encore Starbucks et encore moins le star-system. De jolis grands écarts nous attendent, comme à chaque fois que je retourne en Chine. Cette Chine post-Deng, où il faut être riche, célèbre, et rapidement de préférence.