Shanghai, fin de l’horizon
En arrivant à l’aéroport international de Pudong, nous avions prévu le choc. Trente ans et trente degrés dans la figure! Nous passons d’une Chine rétro des années 80 à une Chine ultramoderne déjà plongée dans ses années 2010. Des -15°C de Jixi à la tombée du jour aux 15°C humides de Shanghai. L’Expo Universelle est sur toutes les pubs, tous les mini-écrans des taxis, la propagande visuelle y est dingue.
De toute façon, la ville elle-même est dingue: des forêts de tours identiques sur des kilomètres carrés, échangeurs s’empilant les uns sur les autres, ponts suspendus, écrans géants à gogo, échafaudages en bambou, des filles sorties des pages de Vogue et des ouvriers traînant leur sort de migrants de boulots précaires en dortoirs mal famés. Sacrée ville. En retournant dans sa ville natale après dix ans d’absence, l’artiste Chen Zhen (installé en France, mort en 2000) avait eu ces mots : « Mais… il n’y a plus d’horizon…! »
Sur l’épaisse moquette de l’aéroport, les garçons poussent les chariots en chantant des airs d’opéra comique du Dongbei (nord-est). Une manière bien pékinoise de commencer à se moquer de Shanghai et de son côté bling-bling …


