Derrière les paravents de la Concession française

Pearl Lam

Nous retrouverons les toiles et les portes sculptées de Zhang Huan chez Pearl Lam, l’une des personnalités les plus excentriques de l’art contemporain à Shanghai. Voici une très belle femme, filiforme et savamment ébouriffée, perchée sur des talons à plateforme et qui vit en étage élevé d’un luxueux condominium de la Concession Française. Dans son immense appartement envahi d’art contemporain, les stars du design côtoient celles de l’avant-garde chinoise. Un fauteuil de Ron Arad fricote avec une sculpture de Xu Tiange. Tout est « hyper». Hongkongaise, elle parle un anglais très british avec une voix cassée comme les Italiennes. Pearl Lam est connue pour son rôle de galeriste mécène mais aussi pour ses dîners aussi mondains qu’extravagants où le tout-Shanghai se retrouve dans son salon.
Pearl Lam

L’interview démarre mal : nous arrivons avec 30 minutes de retard en piétinant dans nos protège-semelles en plastique pour ne pas salir le parquet, et je démarre avec une question sur ce que notre hôte aurait appelé la « techno-électro révolution ». Sacrilège! Comment aurait-elle pu écrire une chose pareille (…?) Nous passons. Franche, passionnée, amoureuse et révoltée, Pearl Lam se livre sans chichis et s’avère l’une des rares à spontanément pointer un certain manque de confiance en eux des Chinois. Bingo. Bon, nous passons finalement un bon moment ensemble, sûrement trop court, forcément trop court.

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