Xidi, au pied des Montagnes Jaunes

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Champs de colza, montagnes dans la brume, plantations de théiers: à nous la Chine éternelle. Nous roulons sur une autoroute toute neuve dans un 4×4 noir absolument nickel avec pour seul détail intime un Kiki (la peluche des eighties) posé à droite du tableau de bord. L’interview démarre sur cette école buissonnière que vont faire les étudiants de Zhijie. En fait, les quelques 30 élèves du bus qui suit notre van (qui suit le 4×4 aux vitres fumées) s’apprêtent à passer quelques semaines à enquêter sur une mode née sous Mao : des « villages de peintres » si jolis et pittoresques que des flopés de jeunes étudiants des Beaux-Arts viennent y croquer les plantations de thé et les toitures traditionnelles de tuiles grises. Les deux villages en question, Xidi et Hongcun, se trouvent au pied des Montagnes Jaunes, monts célébrés par les poètes, à quelques heures de voiture de Hangzhou dans la province de l’Anhui.
En arrivant – le personnage est décidément formidable – Qiu Zhijie n’arrive plus à joindre le contact de l’hébergement pour ses étudiants. Portable éteint. Il rigole et s’agite un peu (probablement ravi du joyeux bordel en perspective). 059.JPG Tout autour, un paysage bucolique à souhait, des grappes d’étudiants coiffés de bobs ou de chapeaux de paille, une moyenne d’âge de 20, 22 ans pour tous les jeunes qui peuplent un dédale de ruelles. On y respire un air pur, cet air de la campagne empli de feu de bois et de bonne cuisine paysanne. Dans les patios des maisons pendent de gros jambons bien gras, encore à la sèche.
Le soir même, tous les étudiants de Qiu Zhijie avaient trouvé refuge ci et là dans le village. Ils avaient même commencé à enquêter sur le site et ses étranges pèlerins à couettes…

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