Le film

14 avril 2009

« Artiste chinois » : l’association de ces deux mots est devenue un sésame pour les biennales, galeries d’art et collections privées. Très confidentielle au départ, cette découverte fondamentale des avant-gardes chinoises des années 1980 s’est vite ébruitée.

Être artiste aujourd’hui en Chine peut rapporter gros, à condition d’avoir pris le train en marche au bon moment. Car les modes évoluent vite. Ce film pénètre à l’intérieur d’un système de l’art mais aussi de la double identité des créateurs chinois, à la fois prédatrice et exotique.
A la fois « tigre » et « panda ».

Au fil des époques et des mutations profondes de la Chine depuis ces trente dernières années, artistes et critiques, commissaires et galeristes, parlent des différents courants qui ont marqué les esprits : les peintures « pop politique » des années 80 et leur pied-de-nez au passé politique récent, les outrageuses caricatures de la société chinoise par les adeptes du « réalisme cynique », l’art performance à la limite du terrorisme, puis les années 2000 imprégnées de culture manga et nippophile, d’art video et internet…

Depuis deux des principales vitrines de l’art contemporain chinois – Suzhou Creek à Shanghai et l’Usine 798 à Pékin – mais aussi depuis Paris, San Francisco ou le fin fond de l’Anhui dans la province chinoise, le film replongera dans la mémoire enfouie des premiers villages d’artistes hippies des années 90, jusqu’aux premières démolitions urbaines, et aux nouveaux temples de la culture chinoise de demain…

Le choix d’une co-réalisation franco-chinoise s’est vite imposé.

Double regard d’autant plus précieux si l’on veut rendre clairement visible la confrontation de deux imaginaires, celui d’un Occident désiré par les Chinois, et celui d’un Orient fantasmé par les Occidentaux.

Le film espère brouiller le regard occidental très arrêté sur une Chine voulue performante, en ébullition, féconde et inspirée, et qui ne saurait répondre pourtant à ce portrait idéal…

Plus que jamais, les artistes s’interrogent sur leur identité et leur devenir profond.
À quel prix sauvegarder l’indépendance de l’art ?
Qu’est-ce qu’être artiste aujourd’hui en Chine ?
Mais aussi qu’est-ce qu’être chinois quand on décide d’être artiste ?