Vol Paris-Beijing
24 février 20098h50. L’hôtesse blonde d’Air France se raidit au premier passager chinois levé dès l’atterrissage. Excédée. Mon voisin anglais l’avait observée pendant tout le vol, sidéré qu’une fille aussi jolie puisse faire ce métier. Nous avions donc échangé sur les rêves des femmes françaises, sur le statut de l’hôtesse d’Air France, sur les désillusions mais aussi sur l’agriculture britannique et le devenir de Stilton, une contrée fromagère de rêve, où résidait mon voisin. Excellent compagnon de vol donc. Aujourd’hui, il allait découvrir la Chine pour la première fois, accompagné de son gendre togolais dont la mère faisait du business avec les Chinois depuis Lomé. Leur mission: acheter et expédier des machines pour fabriquer du papier hygiénique et vendre les rouleaux à la classe moyenne du Togo. « Une niche en or », avait-il dit.
PNC aux portes, désarmement du toboggan, vérification de la porte opposée… l‘hôtesse débite la douce musique aéroportuaire, me voilà à nouveau en Chine. Je souhaite bonne chance à mon voisin anglais et son gendre togolais, quitte le navire, dehors il fait gris et froid, la pollution et cette odeur de poussière reconnaissables entre mille me saisissent les poumons. Pas de doute, nous sommes bien à Beijing. 13 ans que je fréquente l’endroit et il y a des signes décidément rétifs à la modernisation du pays…
En arrivant à l’hôtel, je réalise que j’avais déjà mis les pieds ici. Fei Dawei, grand « passeur » d’art contemporain chinois en France, m’avait emmenée dîner dans le petit restaurant taïwanais de cet établissement appartenant à une chaîne de business hotels singapouriens. Drôle. J’y vois un signe. Bon. Je téléphone à Sheng Zhimin, nous nous retrouvons dès l’après-midi.

Quand le phénix se trouve devant vos yeux, vous pouvez voir son corps gigantesque tandis que je préfère plutôt ses détails qui pénètrent dans le corps, ces outils et ces rebuts de chantier. Derrière lui : des travailleurs sur le chantier.

